Longévité : le lien avec le poids enfin compris

Rédigé le 14/02/2023
Rodolphe Bacquet

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Chers amis,

Les gens minces vieillissent souvent en meilleure santé que les personnes en surpoids.

Vous remarquez d’ailleurs que les centenaires sont plutôt « sec ».

Pour expliquer pourquoi la perte de poids aide à gagner en espérance de vie, deux théories scientifiques se font face depuis près d’un siècle.

La première, datant des années 1920, avance la notion du « taux de vie » (rate of living en anglais). Selon cette théorie, la longévité des mammifères est fonction de leur taux métabolique. Plus il est bas, plus, donc, notre métabolisme est lent, plus l’espérance de vie est élevée.

Or, notre taux métabolique est dépendant de notre masse corporelle. Plus celle-ci est élevée, plus nos dépenses énergétiques sont grandes. En d’autres termes, plus notre corps travaille sans relâche, moins il a de chances de durer…

La seconde théorie a, elle, mis à jour l’idée de stress oxydatif. Elle date des années 1950, et suggère que l’oxydation (la réaction de l’oxygène dans le corps) endommage l’ADN, les lipides et les protéines et conduit à un vieillissement prématuré.

Une étude américaine a cependant réconcilié ces deux théories.

Restriction calorique = réduction métabolique !

Pour servir cette étude[1], 53 personnes, hommes et femmes, ont été sélectionnées. Ces personnes, non obèses avaient, pour un peu moins d’une moitié, un poids normal, tandis que l’autre moitié était en léger surpoids.

C’est un peu technique, mais suivez bien, c’est intéressant.

Pendant 2 ans, ce premier groupe de personnes a effectué une « restriction calorique ». Elles ont dû suivre un régime plus pauvre en calories. L’autre groupe servait, lui, de contrôle.

A l’issue de ces deux années, le premier groupe a stabilisé sa perte de poids à 8,7 kg en moyenne, soit une réduction de leur masse corporelle de 15 %. Tandis que le second a pris 1,8 kg.

Par ailleurs, les personnes du groupe régime ont mécaniquement vu leurs dépenses énergétiques réduire de 80 à 120 kcal par jour pendant ces deux années. Leur taux métabolique a donc drastiquement été réduit.

Or, une réduction du taux métabolique est classiquement corrélée à une diminution du stress oxydatif dans le corps. Car plus le corps produit de l’énergie (pour brûler les calories que nous ingérons, entre autres), plus il génère des espèces réactives de l’oxygène, connues sous le nom de radicaux libres.

Et de fait, la production d’un des marqueurs principaux du stress oxydant, le F2-isoprostane, a fortement diminué au cours de ces 2 années pour le groupe régime.

Cette étude permet donc d’affirmer que le régime est bénéfique pour le métabolisme qui lui-même a un impact sur réduction du stress oxydatif. Or, ces deux facteurs sont bien responsables d’un vieillissement accéléré.

Pas de révolution copernicienne dans cette étude, mais l’objectivation des effets d’une réduction calorique… pour tous, quel que soit votre poids !

Pour un vieillissement réussi et une vie plus longue, l’essentiel est que votre métabolisme soit mis au repos.

Portez-vous bien,

Rodolphe

[1] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S155041311830130X