Vos fleurs ? Une éponge à pesticides 

Rédigé le 10/09/2025
Louis Volta

Chère lectrice, cher lecteur, 

Le 12 mars 2022 mourait une petite fille, Emmy Marivain, à l’âge de 11 ans, après 7années de cancer

Le fait, assez révoltant en soi, l’est plus encore quand on en connaît la cause, qui était totalement évitable. 

En effet, le 9 octobre 2024, Emmy Marivain devint la première enfant dont le décès fut reconnu par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP). 

Cet organisme admet « le lien de causalité entre la pathologie [d’Emmy] et son exposition aux pesticides durant la période prénatale ». Et pas à n’importe quels pesticides… 

Sa mère, Laure Marivain, a été fleuriste durant sa grossesse et après, exposant sa fille à des quantités intolérables d’intrants chimiques fortement toxiques

Les fleuristes devraient porter un masque à gaz… 

En effet, non seulement les fleurs viennent souvent de pays exotiques ou pratiquant l’agriculture intensive, comme les Pays-Bas – mais surtout leur teneur en pesticides est beaucoup moins surveillée que pour les comestibles… 

Une situation qui a enfin montré combien cette profession a priori sans danger – celle de fleuriste – pouvait finalement devenir mortelle. 

Il semblerait, comme nous indique l’article du Monde consacré à ce sujet, que les cancers chez les fleuristes, parfois foudroyants, soient désormais monnaie courante. 

Une situation scandaleuse… et qui n’est pas non plus sans conséquences sur les consommateurs, c’est-à-dire sur vous et moi. 

Pensiez-vous courir un danger lorsque vous offrez ou lorsque vous recevez des fleurs ? Auriez-vous imaginé respirer un parfum mortel, simplement en arrivant dans un bel intérieur agrémenté d’un bouquet ? 

Faites-moi part de vos impressions en commentaire ! 

15 ans déjà 

Un rapide calcul nous montre que l’exposition prénatale de la petite Emmy s’est faite il y a 15 ans. Et ce n’est que maintenant que nous prenons conscience de la dangerosité des fleurs, tant pour les professionnels que pour nous-mêmes, les consommateurs…

Combien avez-vous déjà respiré de pesticides cancérigènes pour un bouquet qui inspire la gentillesse, l’attention, la délicatesse, voire l’amour ? 

D’autant qu’il y a en moyenne 10fois plus de pesticides dans les fleurs que dans les aliments ! 

Des proportions qui ont doublé en 10 ans, entre la précédente étude de 60 millions de consommateurs et celle, récente, du magazine Que Choisir

Cette dernière a relevé que 2bouquets sur3 présentaient des résidus de pesticides interdits dans l’Union européenne. Et quand l’UE interdit des pesticides, c’est que leur nocivité est très solidement avérée… 

Les pires pesticides qui soient ? 

Rappelons à ce titre que la maladie de Parkinson est désormais reconnue comme une maladie professionnelle agricole, à laquelle sont exposés ceux qui utilisent régulièrement les pesticides autorisés

Donc quant à ceux qui ne sont pas autorisés en Europe, comme l’atrazine… il vaut mieux que vous n’y soyez jamais exposé. 

Comment ? En privilégiant le label Fleurs de France par exemple, qui implique l’usage nettement plus raisonné des pesticides, ou encore les fleurs biologiques « AB ». 

Quitte à faire plaisir, autant de pas vous empoisonner ou empoisonner ceux que vous aimez ! 

N’hésitez pas à commenter et à transmettre cette lettre à vos amis.

Au plaisir de vous lire, 

Louis Volta 

[1]  https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/09/les-fleuristes-victimes-ignorees-des-pesticides-si-l-on-m-avait-mise-en-garde-ma-fille-serait-encore-la_6347116_3244.html – Stéphane Mandard, « Les fleuristes, victimes ignorées des pesticides : “Si l’on m’avait mise en garde, ma fille serait encore là” », in Le Monde, 9 octobre 2024. 

[2]  Que Choisir n°644, mars 2025, p. 18-22.