Alerte : gare au miel frelaté !

Rédigé le 02/09/2025
Sandra Franrenet


Savez-vous quel aliment suscite le plus de fraudes au monde ? Le miel ! On fait de plus en plus souvent passer pour un produit de la ruche ce qui est, en réalité, fabriqué en usine à partir de mélanges.

D’après le décret du 30 juin 2003, le miel est une « substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l'espèce Apis mellifera à partir du nectar de plantes ou des sécrétions provenant de parties vivantes des plantes ou des excrétions laissées sur celles-ci par des insectes suceurs, qu'elles butinent, transforment, en les combinant avec des matières spécifiques propres, déposent, déshydratent, entreposent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche ». Pourquoi le législateur s’est-il senti obligé de légiférer avec une telle précision sur cette denrée ? Pour protéger le consommateur ! Depuis ce texte, les apiculteurs ont l’interdiction de coller une étiquette « MIEL » sur leurs pots si le contenu ne résulte pas à 100 % du travail des abeilles. Autrement dit, ils ne peuvent ni ajouter ni retirer quoi que ce soit entre la récolte et la mise en pots.

Pourtant, une récente enquête réalisée par le magazine Alternatives économiques révèle que « du “miel” ne répondant pas à cette définition traverse en masse nos frontières ». L'Office européen de lutte antifraude (OLAF) avance un chiffre de 46 %… Colossal, ce pourcentage confirme un triste record : le miel serait, en effet, le produit alimentaire générant le plus de fraudes au monde. La Chine et la Turquie figurent ainsi au premier rang des pays producteurs de miel frelaté, c’est-à-dire fabriqué en usine à partir d’un mélange de glucose, de fructose, de maltose… ou dilué avec du sirop de sucre.

La raison ? Ce faux miel, plus facile à produire en grande quantité, coûte moins cher au kilo. Et quand on sait que les Français en consomment environ 40 000 tonnes par an, on comprend mieux l’intérêt des fraudeurs… d’autant que les apiculteurs et professionnels français ne sont capables de produire que la moitié de cette quantité. Et encore, certains se retrouvent avec des stocks d’invendus sur les bras en raison de prix jugés trop élevés par le consommateur. Ce dernier a pourtant un rôle clé à jouer pour défendre cette filière en difficulté, affectée notamment par les maladies qui déciment les abeilles. Et pour cela, il y aurait une chose très simple à faire : acheter, dans la mesure du possible, son miel directement au producteur.

Sandra Franrenet