Bonne nouvelle pour les personnes en surpoids : depuis le 23 juin, les généralistes peuvent enfin prescrire des analogues GLP-1. Cette mesure vise à faciliter un accès plus équitable aux traitements anti-obésité.
En France, l’obésité touche désormais plus de 18 % des adultes, soit près de 10 millions de personnes. Le reste du monde n’est pas épargné par ce fléau sanitaire : d’après un rapport de la Fédération mondiale de l’obésité publié en 2023, la moitié de la population mondiale risque d’être en surpoids ou obèse d’ici 2035 ! Plusieurs solutions existent pour lutter contre cette maladie : un suivi médical, une aide psychologique, des médicaments et, en dernier recours, de la chirurgie.
Parmi les médicaments existants, des analogues GLP-1 peuvent être prescrits : liraglutide (Saxenda®,Victoza®), sémaglutide (Wegovy®, Ozempic®) ou tirzépatide (Mounjaro®). Comme son nom le laisse supposer, leurs molécules imitent le glucagon-like-peptide 1 (GLP-1), une hormone naturellement produite par l’intestin après chaque repas. Injectables, ces médicaments activent les zones du cerveau responsables de la régulation de l’appétit et stimulent la sécrétion d’insuline au niveau du pancréas.
Jusqu’à présent, Wegovy®, Mounjaro® et Saxenda® n’étaient prescrits que par les spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition. Or, comme l’a constaté l’Agence du médicament (ANSM), cette situation « a pu en freiner l’accès pour certains patients, du fait de délais parfois importants pour consulter un spécialiste. Cela peut être également associé à une accessibilité inégale à ces professionnels de santé selon les territoires. » L’ANSM a donc réévalué les conditions de prescription et de délivrance au début de l’été 2025. Depuis le 23 juin dernier, la prescription initiale et le renouvellement des trois médicaments sont autorisés pour n’importe quel médecin.
Attention toutefois : ces médicaments sont des traitements dits de seconde intention. Ils ne peuvent être prescrits qu'« en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle, et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique », insiste l’ANSM. De même, ils ne doivent « pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques, c’est-à-dire pour la perte de poids chez des personnes sans surpoids ni obésité et qui n’ont pas de problèmes de santé liés au surpoids ». Des usages inappropriés pourraient, en effet, exposer les personnes qui s’y livrent à des effets indésirables parfois graves.
L’indice de masse corporelle (IMC) permet de mesurer la corpulence d’un individu. Il se calcule en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en centimètres. L’obésité commence à partir d’un IMC égal à 30. Au-delà de 35, on parle d’obésité sévère, et à partir de 40 d’obésité morbide.
Sandra Franrenet
