La lutte contre le vieillissement constitue l’un des principaux axes de la recherche médicale actuelle. Des résultats sont régulièrement publiés afin de faire part au public des dernières découvertes. Une étude américaine a ainsi mis en évidence le rôle d’un acide aminé dans cette quête d’éternité : l'isoleucine.
La lutte contre le vieillissement passe par de nombreux axes de recherche. L’alimentation en constitue l’un des rouages essentiels, comme le prouvent plusieurs études consacrées à la restriction calorique. Si les résultats dans ce domaine semblent encourageants, ils demandent à être confirmés pour ce qui concerne l’être humain. En attendant, les études se poursuivent chez les souris.
En novembre 2023, une équipe américaine de l'université de Wisconsin-Madison a mis en lumière l'impact de l'isoleucine, un acide aminé essentiel pour le processus de vieillissement. L’isoleucine fait partie des trois acides aminés à chaîne ramifiée indispensables à la construction des protéines de l’organisme, et qui ne peuvent être obtenus qu’à partir de l’alimentation. On les trouve plus particulièrement dans les œufs, les produits laitiers, les protéines de soja et les viandes.
Afin de comprendre leur impact, les chercheurs ont limité la quantité d'isoleucine dans l’alimentation d’un groupe de rongeurs. Ils ont ensuite comparé les résultats avec deux autres groupes : un groupe témoin avec un régime alimentaire contenant vingt acides aminés communs, et un autre groupe avec un régime dans lequel tous les acides aminés étaient réduits d'environ deux tiers. Les souris de chacun des trois groupes pouvaient manger à leur guise.
Les conclusions de cette étude sont édifiantes : non seulement la restriction en isoleucine a permis d’allonger l'espérance de vie des rongeurs, mais elle a aussi amélioré leur qualité de vie. Les souris du groupe concerné ont eu beau consommer davantage de calories que les autres, elles ont pourtant maintenu un poids plus léger, sans avoir fait plus d’exercice pour autant. Les chercheurs ont aussi observé chez les mâles une réduction de l'hypertrophie de la prostate liée à l'âge et une diminution du risque de développer des tumeurs cancéreuses.
Si cette étude ouvre de nouvelles pistes pour comprendre le vieillissement, il n’est pas forcément souhaitable pour autant de soumettre l’homme à un régime pauvre en isoleucine. Les chercheurs envisagent donc plutôt de développer des médicaments bloquant cet acide aminé. Reste maintenant à en déterminer les dosages…
Sandra Franrenet
