Les mangeurs de viande rouge sont-ils menacés par Alzheimer ?

Rédigé le 02/09/2025
Sandra Franrenet


On savait que la viande rouge consommée en excès pouvait entraîner des maladies chroniques. On sait désormais qu’elle peut aussi avoir un impact sur la santé mentale des personnes qui en mangent trop.

Diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers… Des études paraissent régulièrement pour pointer du doigt les méfaits de la viande rouge sur la santé des consommateurs. Des chercheurs de la Harvard TH Chan School of Public Health et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) viennent de montrer qu’elle pourrait aussi être associée à un risque de démence et, plus particulièrement, à l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Cette hypothèse résulte de l’analyse des habitudes alimentaires de plus de 130 000 personnes d’une cinquantaine d’années. Les chercheurs ont observé que celles qui mangeaient tous les jours un quart ou plus d'une portion quotidienne de viande rouge présentaient un risque supérieur de développer une maladie neurodégénérative (+ 13 %) comparativement à ceux qui en consommaient moins d’un dixième. Ils ont également relevé que le fait de manger une portion quotidienne supplémentaire de viande rouge (environ 85 grammes) accélérait le vieillissement cérébral de 1,6 an.

Attention : il y a viande rouge et viande rouge !

La chercheuse Katherine Livingstone rappelle qu’il n’existe pas un mais plusieurs types de viande rouge. Ce terme générique recouvre, en effet, toutes celles qui proviennent des muscles de mammifères, c’est-à-dire du bœuf, de l’agneau, du porc, du veau, du mouton et de la chèvre. D’après cette spécialiste, la manière dont l’animal a été nourri (aux grains ou à l’herbe) ou le fait que la viande soit issue ou non de l’agriculture biologique n’offrira pas les mêmes gages de qualité au consommateur. Enfin, une viande transformée (salaison, fumage, salage, ajout de conservateurs…) n’aura pas le même impact sur la santé qu’une viande non transformée. Que les grands amateurs de viande rouge se rassurent toutefois : ils peuvent continuer à en manger à condition de l’intégrer à un régime alimentaire sain et, bien sûr, de ne pas en consommer en excès (pas plus de 500 grammes par semaine). Katherine Livingstone invite également à privilégier les morceaux de viande non transformés ou maigres, et à limiter les grillades.

Sandra Franrenet