Épinards, curcuma, noix de cajou, betteraves… Érigés en aliments miracles, ces végétaux et quelques autres sont loués sans retenue. Sur Internet, on ne compte plus les pages énumérant leurs innombrables vertus, réelles ou supposées. C’est dans l’air du temps… Le revers de la médaille, lui, ne fait pas l’objet d’une telle publicité. Or il existe bel et bien ! Alerté par les récits d’accidents graves liés à l’ingestion de ces « superaliments », le nutritionniste Christian Petten a mené l’enquête. Il fait le point sur un domaine souvent ignoré des acteurs de la santé naturelle : la toxicité végétale. Un article indispensable pour revenir à une alimentation qui respecte nos gènes.
Curcuma, noix de cajou, betteraves, épinards, poivre noir, céréales complètes, légumineuses : qui oserait accuser ces végétaux d'être à l'origine de problèmes de santé ? Et pourtant, le phénomène existe réellement.
- Atteinte hépatique sévère, insuffisance rénale aiguë, coma profond, fibrillation ventriculaire ayant mené à la mort malgré les tentatives de réanimation : cet accident de santé spectaculaire est survenu à la suite de la consommation d’une simple soupe, concoctée avec 500 gr de feuilles d’oseille fraîches.
- Insuffisance rénale aiguë avec perte de fonction : la victime de ce grave incident de santé avait consommé quotidiennement, et pendant six semaines, des smoothies associant betteraves, kiwis, persil, épinards et produits à base de soja.
- Hépatites sévères en série : elles ont été provoquées par des suppléments concentrés de curcuma,.
Des affections plus discrètes, souvent mal identifiées
Bien que peu communs et souvent liés à des facteurs aggravants, comme une hyperperméabilité intestinale, la présence de carences importantes, l’alcoolisme, etc., ces cas extrêmes doivent nous rappeler une réalité dérangeante : tous les végétaux présentent un certain degré de toxicité naturelle,.C’est ainsi que des affections plus discrètes, souvent mal identifiées, peuvent également résulter de l’ingestion chronique de toxines naturelles en quantités excessives. Et elles sont probablement plus fréquentes qu’on ne veut bien se le laisser dire.
Oxalates, phytates, lectines, glucosinolates, tannins, saponines, alcaloïdes, inhibiteurs de la trypsine, de l’amylase et des protéases, ou encore glycosides cyanogènes : telles sont les principales familles d’antinutriments ou de toxines naturelles, elles-mêmes parfois composées de tant de molécules aux effets variables et souvent peu étudiés qu’il serait vain, dans cet article, de plonger dans les particularités de chacune d’elles.
Aussi, plutôt qu’une revue de détail, je vous propose plutôt un regard général et pragmatique sur la toxicité naturelle des végétaux, afin de sortir de l’angélisme béat sans toutefois tomber dans la phobie. J’évoquerai aussi le rôle médicinal que peuvent jouer certaines toxines du règne végétal, aspect paradoxal qu’il est utile de mentionner.
