On appelle « reflux gastro-œsophagien » le passage intermittent ou permanent d'une partie du contenu acide de l'estomac dans l'œsophage. Cinq à 10 % de la population se dit en souffrir chaque jour au moins une fois, et 30 à 45 % déclare au moins un épisode par mois. Ce problème, généralement chronique, détériore la qualité de vie, mais expose aussi à des complications dues à l’inflammation et à l’érosion de la muqueuse de l’œsophage. Des interventions chirurgicales existent, mais elles sont très lourdes. Et, quant aux médicaments, ils s’accompagnent d’effets secondaires importants. D’où l’intérêt de se tourner plutôt vers la piste de l’alimentation et de la micronutrition.
Le reflux gastro-œsophagien peut considérablement détériorer votre qualité de vie en raison de ses divers symptômes et des impacts qu'il peut avoir au quotidien. La sensation de brûlure dans la poitrine ou derrière le sternum, souvent après les repas, perturbe le confort général. La remontée d'acide gastrique dans la gorge ou la bouche cause un goût amer et acide désagréable. Cela peut aussi entraîner des douleurs thoraciques, que l'on confond parfois avec des douleurs cardiaques. Certaines personnes peuvent, en outre, présenter des manifestations extra-œsophagiennes, notamment de la toux, des bronchospasmes ou un enrouement. Le reflux peut engendrer de l’anxiété, qui elle-même accroît les troubles digestifs. Les symptômes ont tendance à s'aggraver en position allongée, ce qui provoque des réveils fréquents, de l'insomnie ou un sommeil non réparateur.
Au-delà de ces perturbations dans la vie quotidienne il faut aussi mentionner les conséquences de l’acide sur la muqueuse de l’œsophage. Contrairement à l’estomac, qui est équipé d’un système complexe lui permettant de résister à sa propre acidité, l’œsophage n’a aucun moyen de défense et n’est pas adapté. Une irritation chronique de l'œsophage peut conduire à des complications comme l'œsophagite, des ulcères (avec une sténose, c’est-à-dire un rétrécissement) ou un œsophage de Barrett, une affection au cours de laquelle le tissu qui tapisse normalement l’œsophage est remplacé par un tissu semblable à celui qui tapisse l’intestin.
Des causes anatomiques, mais pas seulement
Différentes causes et facteurs peuvent intervenir dans le reflux gastro-œsophagien :
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un tonus trop faible du sphincter œsophagien inférieur, lequel ferme la jonction entre l’estomac et l’œsophage (on parle de « cardia béant » dans les bilans médicaux quand le sphincter ne fait plus son travail) ;
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la hernie hiatale : une partie de l'estomac glisse dans le thorax à travers le diaphragme par un trou (hiatus), ce qui affaiblit la barrière antireflux ;
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une pression abdominale excessive, qui peut survenir durant la grossesse ou en cas d’obésité ;
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un ralentissement de la vidange gastrique, entraînant une accumulation prolongée de nourriture dans l'estomac, ce qui augmente de ce fait le risque de reflux ;
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certains médicaments peuvent aggraver le reflux en relaxant le sphincter ou en augmentant l’acidité gastrique : bêtabloquants, anti-inflammatoires et biphosphonates par exemple.
Interviennent également, comme nous allons le voir, des facteurs liés au mode de vie et à l’alimentation.
Les IPP, des médicaments problématiques
La pompe à protons est une enzyme située sur la membrane des cellules pariétales de l'estomac. C’est elle qui permet de produire de l’acide dans l’estomac. Elle échange des ions hydrogène et potassium pour sécréter des protons à l’intérieur de l’estomac, où ils se combinent avec des ions chlorure pour former l'acide chlorhydrique. Ce dernier est essentiel à la digestion des aliments et au maintien d'un pH gastrique bas, très acide.
Parmi les traitements principaux du reflux gastro-œsophagien, on trouve des médicaments appelés « inhibiteurs de la pompe à protons », ou IPP (oméprazole, ésoméprazole, lansoprazole, pantoprazole et rabéprazole), qui s’opposent au fonctionnement normal des cellules de l’estomac. S’ils sont particulièrement efficaces pour faire baisser la sécrétion d’acide, il arrive, hélas !, que résoudre artificiellement un problème en amène d’autres… Les IPP présentent, il est vrai, des effets secondaires fréquents à court terme, tels que fatigue, maux de tête et troubles digestifs. Mais ce sont leurs effets à long terme qui sont vraiment préoccupants :
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risque accru de gastro-entérites, d'infections à Clostridium difficile (bactérie pathogène se développant dans le côlon) ou de pneumonies, à cause de la diminution de l'acidité gastrique, qui joue en temps normal un rôle de barrière naturelle contre les bactéries ;
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carence en vitamine B12 : l'acidité gastrique est essentielle à son absorption ;
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carence en magnésium : les IPP brident la solubilisation des minéraux et affectent les transporteurs, ce qui peut aboutir à des carences profondes ;
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réduction de l'absorption du calcium, accroissant le risque d'ostéoporose et de fractures ;
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altération du microbiote intestinal : une utilisation prolongée peut modifier la composition des bactéries intestinales et les faire évoluer vers une dysbiose, contribuant potentiellement à des troubles digestifs chroniques (ballonnements, diarrhée, constipation) ;
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hypergastrinémie : une production excessive de gastrine (hormone qui stimule la sécrétion d'acide) en réponse à la baisse de l'acidité peut entraîner une hypertrophie de la muqueuse gastrique et, dans de rares cas, un risque accru de polypes ou de tumeurs bénignes ;
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insuffisance rénale chronique : les IPP sont toxiques pour les reins.
Alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise les IPP pour seulement quelques semaines, dans les faits ils sont malheureusement prescrits et consommés sur de très longues périodes, parfois même sur plusieurs décennies ! Vu leur rapport bénéfices/risques très discutable, il est urgent de trouver d’autres solutions.
Des médicaments plus anciens comme les antihistaminiques anti-H2 (cimétidine, famotidine) sont moins dangereux, mais induisent quand même des dysbioses. Les antiacides à base d’hydroxyde d’aluminium sont neurotoxiques, justement à cause de l’aluminium. Un médicament bien connu à base d’alginate et de bicarbonate contient, quant à lui, des additifs vraiment délétères, comme les parabènes, qui sont des perturbateurs endocriniens. La dompéridone, un médicament qui accélère la vidange de l’estomac, peut causer des troubles du rythme cardiaque. Autant d’éléments qui devraient vivement nous inciter à nous tourner vers des solutions naturelles.
Faut-il recourir à la chirurgie ?
Il existe des chirurgies comme la réparation de la hernie hiatale et la fundoplicature (une technique renforçant la barrière antireflux naturelle du sphincter œsophagien inférieur). Elles sont généralement réservées aux situations où les traitements médicaux ou les modifications du mode de vie se révèlent insuffisants. Mais est-ce que le corps médical, avant d’en arriver à ces extrémités, propose vraiment des modifications suffisantes de l’alimentation, de la micronutrition ou des traitements naturels ? Il semblerait que non – et c’est ce qui nous intéresse ici.
Des habitudes alimentaires comme facteurs aggravants
Le reflux gastro-œsophagien va de pair avec de nombreuses habitudes alimentaires et styles de vie, comme l'habitude de grignoter à minuit, de sauter le petit-déjeuner, de manger rapidement, de consommer des aliments très chauds et de manger au-delà de sa satiété.
Certains aliments déclencheurs − en particulier les agrumes, le café, le chocolat, les aliments frits, les aliments épicés et les sauces tomate − sont fréquemment signalés comme aggravant les symptômes de reflux. La bière et le vin induisent, quant à eux, un reflux gastro-œsophagien, principalement dans la première heure suivant leur absorption.
Le café et le chocolat contiennent des molécules appelées « méthylxanthines ». Il s’agit notamment de la caféine dans le café (et, dans une moindre mesure, dans le cacao) et de la théobromine, abondante dans le chocolat. Ces méthylxanthines agissent comme des relaxants musculaires, ce qui peut réduire le tonus du sphincter œsophagien inférieur et favoriser son ouverture temporaire. Le café peut aussi stimuler la production d’acide chlorhydrique dans l’estomac.
Pour certains aliments, il s’agit plutôt d’une irritation directe de la muqueuse, pour d’autres d’une stimulation de la sécrétion d’acide. Les mécanismes liés aux aliments et aux boissons dans le reflux peuvent être de plusieurs ordres :
Mécanismes | Aliments |
| pH acide | Agrumes Autres fruits acides (kiwi vert, pomme Granny Smith…) Vinaigre Sauce tomate |
| Augmentant la sécrétion d’acide | Café Aliments sucrés (gâteaux, biscuits, pâtisseries, bonbons…) Repas pris tard le soir (sécrétion d’acide accrue le soir) |
| Irritants | Alcool Ail Épices fortes (poivre, piment…) |
| Abaissant le tonus du sphincter œsophagien inférieur | Café Thé Cacao et chocolat Menthe |
| Augmentation de la distension gastrique | Repas trop copieux Boisson excessive pendant le repas Boissons gazeuses |
| Ralentissant la vidange gastrique | Repas trop copieux Aliments gras Aliments frits |
Cependant, une méta-analyse de 25 études est parvenue à des données très contradictoires quant au lien existant entre les aliments et le risque de reflux gastro-œsophagien. C’est pourquoi le patient doit être attentif à observer ce qui, chez lui, peut favoriser ou non le reflux. Nous le verrons plus loin, certaines hypersensibilités alimentaires individuelles peuvent entrer en ligne de compte.
Boire de l’eau alcaline ?
Alors que l’eau gazeuse peut causer une distension gastrique, boire une eau plate au pH élevé (le contraire d’acide) peut aider. Notons que les eaux gazeuses riches en bicarbonate ne sont pas alcalines, mais alcalinisantes. En réalité, leur pH est acide (entre 5 et 6,8), mais les bicarbonates ont un effet tampon sur l’acide. Les eaux plates, elles, au contraire, sont souvent alcalines (pH supérieur à 7). Une eau sort complètement du lot dans ce domaine, c’est la Monchique, issue de la chaîne de montagnes de la Serra de Monchique au Portugal. Son pH atteint, tout naturellement, le record de 9,5 ! On la trouve sur Internet pour un peu moins de 2 € le litre. C’est coûteux, et peu écologique sur le plan du transport, mais elle mérite d’être essayée pour les cas récalcitrants. Il convient de la boire en dehors des repas pour ne pas compromettre la digestion, car nous savons que l’eau alcaline dénature instantanément la pepsine, une enzyme digestive.
Ce conseil peut être utileSi vous soufrez de reflux, votre médecin vous a probablement conseillé d’arrêter de fumer (la nicotine diminue la tonicité du sphincter), de perdre du poids, de dormir avec la tête du lit surélevée et d’éviter de vous allonger après les repas. Mais il existe un autre point important à observer : dormir sur le côté gauche ! Cela peut vous soulager – et ça a été démontré. En position allongée sur le côté gauche, la gravité et l'anatomie asymétrique de l’estomac empêchent plus facilement l'acide gastrique de remonter dans l'œsophage. Dans cette position, le cardia (jonction entre l'œsophage et l'estomac) reste au-dessus du niveau de l'acide gastrique, réduisant les remontées acides. La position sur le côté gauche favorise l’écoulement de l’acide gastrique vers le bas, en direction du pylore (la sortie de l’estomac), facilitant ainsi la vidange gastrique. Sur le côté gauche, la pression exercée sur le sphincter œsophagien inférieur par le contenu gastrique est moindre, ce qui limite l’ouverture inappropriée du sphincter. Au contraire, dormir sur le côté droit peut aggraver tous ces phénomènes. Quant à dormir sur le ventre, cela peut également aggraver le reflux en accroissant la pression intra-abdominale.
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Régime pauvre en glucides
Les symptômes de reflux acide sont plus fréquents avec un régime riche en glucides, ce qu’a démontré une étude. Chez des personnes obèses atteintes de reflux gastro-œsophagien, au contraire, une alimentation très faible en glucides – soit 20 g par jour (comparable à un régime cétogène) – limite significativement l'exposition de l’œsophage à l’acide et atténue les symptômes. La réduction des glucides totaux, c’est-à-dire de l’amidon (aliments farineux) et des sucres simples (glucose, fructose, saccharose), atténue aussi les symptômes. Cependant, il semble que la restriction des sucres simples ait davantage d’impact que celle des amidons. On trouve naturellement ces sucres simples dans les fruits, mais dans ce cas-là, le risque de reflux est réduit. En effet, dans une autre étude, les personnes consommant le plus de fruits et légumes ont montré un risque 33 % inférieur aux autres de développer un reflux gastro-œsophagien. Nous pouvons en déduire que ce sont toutes les autres sources de sucres simples (aliments et boissons sucrés) qui sont à l’origine de troubles. De plus, les végétaux ont des effets alcalinisants. Même si la plupart ont un pH inférieur à 7 (légèrement acides), leurs minéraux (potassium, magnésium, calcium et zinc) participent à l’équilibre acido-basique.
Le gluten serait-il en cause dans le reflux ?
Le gluten est un ensemble de protéines présent dans certaines céréales (blé, seigle et orge notamment). Le régime sans gluten n’est reconnu en médecine que dans la maladie cœliaque, une maladie auto-immune dans laquelle l’intolérance au gluten engendre de grosses lésions aux intestins et entraîne des conséquences importantes sur la santé. L’éviction du gluten présenterait toutefois un intérêt dans bien d’autres domaines…
Les symptômes du reflux gastro-œsophagien sont fréquents chez les patients atteints de maladie cœliaque qui ne sont pas encore traités par un régime sans gluten.
Une étude a testé le régime sans gluten chez des cœliaques et des non-cœliaques souffrant de reflux non érosif. Fait intéressant : il a résolu le reflux chez 86 % des cœliaques, mais aussi chez près de 67 % des témoins, ceux qui ne souffraient pas de la maladie !
Les patients souffrant de reflux laryngopharyngé (flux rétrograde du contenu gastrique dans le larynx, l'oropharynx et/ou le nasopharynx) et de sensibilité au gluten non cœliaque sont plus susceptibles que les autres de constater une amélioration avec un régime sans gluten.
Le régime pauvre en nickel
Le nickel est l'une des principales causes d’une affection qu’on appelle « dermatite de contact allergique ». L’hypersensibilité au nickel est plus fréquente chez les sujets atteints de reflux gastro-œsophagien. Une petite étude pilote a été réalisée auprès de 20 patients. On leur a fait un test épicutané pour évaluer leur sensibilité au nickel et ils ont tous suivi une alimentation de laquelle on a retiré les aliments les plus riches en nickel. Presque tous les participants, 19 sur 20 (soit 95 %), ont signalé une réduction des symptômes de reflux gastro-œsophagien après avoir suivi ce régime durant 8 semaines – et ce indépendamment du résultat du test épicutané ! La difficulté est de savoir si ces résultats viennent bien de l’éviction du nickel, car ces aliments faibles en nickel sont, entre autres, toutes les céréales à gluten, les légumineuses, des aliments riches en FODMAP, le chocolat, le café, le vin… Cela pourrait donc aussi venir d’autres paramètres qui caractérisent ces aliments. Étant donné que ce régime est extrêmement restrictif et peut causer de nombreuses carences (du fait qu’on exclut, entre autres, les fruits et les poissons gras), il semble totalement inadapté au long cours.
Les intolérances alimentaires et le reflux
Les personnes souffrant de reflux peuvent être aussi sujettes à d’autres hypersensibilités.
Le test leucocytotoxique est une méthode employée pour détecter d'éventuelles intolérances ou hypersensibilités alimentaires. Il repose sur l'idée que certains aliments ou substances peuvent provoquer une réaction inflammatoire détectable au niveau des leucocytes (globules blancs) dans le sang.
Ce test a été réalisé auprès de patients souffrant d’un reflux gastro-œsophagien : presque tous les patients (91,1 %) étaient intolérants à au moins 5 aliments. Les intolérances alimentaires les plus fréquentes (plus de 33 % des patients) concernaient le lait (55,4 %), la laitue (46,4 %), le café (43,7 %), la levure de bière (42,9 %), le porc (42,9 %), le thon (37,5 %), le riz (35,7 %), la sole (34,8 %), les asperges (34,8 %) et les œufs (33,9 %).
Une autre étude ayant évalué cette fois-ci les hypersensibilités alimentaires avec des tests épicutanés a conclu qu’un régime excluant les aliments identifiés comme sensibilisants conduisait à une amélioration clinique des symptômes.
La mélatonine, pas que pour dormir
Plusieurs modèles expérimentaux d'ulcères ont démontré que la mélatonine protégeait la muqueuse gastro-intestinale.
Elle pourrait ainsi fonctionner comme un agent thérapeutique prometteur dans le cas du reflux gastro-œsophagien, comme l’a montré une étude, et cela qu’on l’utilise seule ou en association avec l'oméprazole (IPP) – même si elle est plus efficace dans la seconde option. Mais une autre étude a évalué la mélatonine sous forme de complément alimentaire dans une formule contenant également du L-tryptophane, de la vitamine B6, de l'acide folique, de la vitamine B12, de la méthionine et de la bétaïne. Tous les patients qui ont reçu ce complément alimentaire ont signalé une régression complète des symptômes après 40 jours de traitement. En revanche, seulement 65,7 % de ceux sous oméprazole ont signalé une résorption des symptômes au cours de la même période.
Essayez ces deux acides aminés
Une étude préclinique réalisée sur des rats a évalué l’effet de divers acides aminés administrés dans un modèle d’œsophagite causée par le reflux. La L-arginine et la glycine sont très efficaces pour en réduire la gravité, tandis que la L-alanine et la L-glutamine ont un effet aggravant. Ce n’est encore qu’une hypothèse, mais il pourrait y avoir du côté de la muqueuse un mécanisme de protection et une capacité de ces acides aminés à tamponner l’acidité. À noter que la L-glutamine, bénéfique pour les intestins, est délétère dans le cas du reflux gastro-œsophagien, comme l’ont montré deux études animales. Cela reste, bien sûr, à confirmer chez l’homme.
Les probiotiques, pas que pour le fonctionnement intestinal
Les probiotiques, ces bactéries amies, ont beaucoup été étudiés en ce qui concerne la partie basse du système digestif. Ils pourraient être utiles également pour la partie haute, même si leur action est indirecte. Diverses études ont montré leurs bénéfices sur les symptômes de reflux gastro-œsophagien, tels que la régurgitation, les brûlures d'estomac, la dyspepsie, les nausées, les douleurs abdominales et les symptômes liés aux gaz (éructations, gargouillis, rots). Il est difficile de faire des recommandations, car les genres, espèces et souches de ces probiotiques sont très variables. Néanmoins, Lactobacillus gasseri LG21 et Bifidobacterium bifidum YIT 10347 semblent particulièrement efficaces contre différents symptômes du reflux gastro-œsophagien.
Vos produits contre l’arthrose sont utiles
La chondroïtine et l’acide hyaluronique, employés respectivement pour la protection des cartilages et la lubrification des articulations, possèdent aussi des propriétés protectrices pour les muqueuses. Depuis une dizaine d’années, on s'en sert comme dispositifs médicaux sous forme d'un gel contre le reflux gastro-œsophagien, et les études à ce propos se sont multipliées. On trouve ce gel en pharmacie. Néanmoins, comme il n’a pas le statut de complément alimentaire mais de dispositif médical, il est truffé d’additifs douteux, notamment de polyvynilpyrrolidone, classée par l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (ARTAC) parmi les additifs certainement cancérigènes, et du poloxamer 407, un tensioactif normalement utilisé dans les cosmétiques… Rien ne vous empêche pourtant de consommer des compléments alimentaires d’acide hyaluronique et de chondroïtine, ceux indiqués contre l’arthrose (ou pour la beauté de la peau). Les compléments sont généralement plus clean que les médicaments et les dispositifs médicaux. Il faudra veiller à les choisir avec des gélules en pullulan, car celles-ci se dissolvent dans l’estomac pour libérer ces deux actifs, alors que les gélules en hypromellose sont gastrorésistantes et, à ce titre, ne sont pas utiles dans ce cas.
Un peu de phytothérapie pour compléter
La réglisse exerce un effet protecteur pour la muqueuse digestive, mais elle pose question quant à son effet minéralo-corticoïde, apparenté à l’aldostérone, lequel fait baisser les taux de potassium et s'élever la tension artérielle. Un extrait de réglisse transformé, la réglisse déglycyrrhizinée (DGL), utilisé dans le traitement des ulcères gastroduodénaux et aphteux, est fabriqué en retirant la molécule de glycyrrhizine. Les composants actifs de la DGL sont des flavonoïdes, lesquels ont montré des vertus protectrices importantes contre la formation d'ulcères induits chimiquement dans des études animales.
L’orme rouge et la guimauve sont riches en mucilages, des substances végétales qui, au contact de l’eau, se transforment en un gel visqueux. Les mucilages forment une couche épaisse et gélatineuse qui tapisse les parois de l’œsophage et de l’estomac. Cette barrière protège les muqueuses des irritations causées par l’acidité gastrique et prévient l’inflammation.
Bien que moins efficace que l’oméprazole (IPP) et la ranitidine (anti-H2), l’Aloe vera ralentit la fréquence de tous les symptômes du reflux gastro-œsophagien.
Enfin, le gingembre, grâce à ses propriétés prokinétiques (c’est-à-dire d’accélérateur de la vidange gastrique) peut aussi aider. Attention néanmoins : il vaut mieux éviter d’en prendre en cas de gastrite, car il se pourrait alors que vous ne supportiez pas son côté piquant.
Comment arrêter les IPP ?
Vous ne devriez pas prendre l’initiative d’arrêter un traitement sans avoir préalablement demandé l’avis de votre médecin. Néanmoins, la balance bénéfices/risques des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) n’étant de toute évidence pas bonne, il paraît raisonnable de chercher une alternative.
Arrêter les IPP peut être un défi, surtout en cas de reflux gastro-œsophagien. Leur interruption peut provoquer un rebond acide. Voici une approche globale et naturelle pour y parvenir :
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ne pas arrêter l’IPP du jour au lendemain, mais réduire son dosage (en passant, par exemple, de 40 à 20 mg) et sa posologie (en passant, par exemple, d’une prise quotidienne à une prise tous les deux jours) ;
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limiter le volume des repas ;
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multiplier le nombre de prises alimentaires pour répartir son apport calorique ;
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prévoir, si possible, un délai de 4 heures entre le repas du soir et le coucher ;
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surélever la tête du lit et dormir sur le côté gauche ;
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maigrir (si vous êtes en surpoids) ;
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arrêter le tabac ;
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éviter les aliments déclencheurs : café, alcool, chocolat, menthe, tomates, agrumes, aliments épicés ou gras ;
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s'abstenir d'aliments (et boissons) sucrés superflus ;
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si, avec le temps, cela semble insuffisant, réduire les glucides totaux, donc aussi les féculents, ou bien renoncer en particulier aux céréales à gluten ;
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consommer des aliments alcalins comme les bananes, les amandes, les pommes de terre ;
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utiliser de l’ail noir en lieu et place de l’ail lorsque vous cuisinez ;
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remplacer le vinaigre par l’eau dans la vinaigrette (pendant un certain temps) ;
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se servir de moutarde type condiment (non piquante) à la place de la moutarde forte (attention : la Savora® contient du gluten) ;
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boire de l’eau additionnée de bicarbonate ou de lithothamne (algue calcaire riche en carbonate de calcium) pour tamponner l’acidité si besoin est ;
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boire de l’eau Monchique alcaline entre les repas ;
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si la digestion n’est pas optimale, prendre des mix d’enzymes digestives (protéase, lipase, amylase, lactase et cellulase) ;
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prendre du gel d’Aloe vera plusieurs fois par jour – ou le produit Neobianacid® Aboca, composé d’Aloe vera, de guimauve, de camomille, de réglisse, de carbonate de calcium et de bicarbonate de sodium ;
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essayer les probiotiques des genres et espèces Lactobacillus gasseri et Bifidobacterium bifidum (il est possible que ça fonctionne même si ce ne sont pas les mêmes souches numérotées que dans les études) ;
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essayer ces compléments : arginine le matin (effet dynamisant), mélatonine, tryptophane et glycine le soir (ces trois derniers peuvent améliorer le sommeil) ;
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en cas de douleurs articulaires, faire d’une pierre deux coups en ajoutant de la chondroïtine et de l’acide hyaluronique.
Tout cela vous permettra d’optimiser votre digestion et le fonctionnement de votre appareil digestif à tous les niveaux. Il s’agit d’éviter de faire la même erreur que la médecine conventionnelle, qui se focalise sur un organe en particulier au détriment du reste de l’organisme. Attention : les remontées acides dans l’œsophage ne doivent pas être trop fréquentes, sous peine d’avoir des effets délétères au long cours. Il convient donc d’adapter ces différentes actions pour les éviter au maximum.
Fabien Piasco
