Réservé aux abonnés

Qu’est-ce qui rend les Américains obèses ?

Rédigé le 12/09/2025
Christian Petten


Au XIXe siècle, environ 1 % des habitants des États-Unis étaient obèses,. Depuis, ce chiffre n’a cessé de grossir, jusqu’à atteindre les 42,4 % en 2018. Et pourtant, les Américains suivent plutôt correctement les conseils d’hygiène vitale qui leur sont prodigués : ils se sont mis à l’activité physique, fument moins, consomment moins de sodas, de glucides et de graisses saturées. Et si les coupables de cette ascension vertigineuse étaient ailleurs ? Trouver les vraies raisons pourrait bien éviter aux Européens de suivre le même chemin. Le nutritionniste Christian Petten ne s’est pas contenté de ses connaissances académiques, il a mené l’enquête et fouillé la littérature scientifique à la recherche de la cause cachée de l’épidémie de surpoids.

 

Un pour cent d’obèses au XIXe siècle, 13 % dans les années 1960, 23 % dans les années 1990, 30 % en 2000 et 42,4 % en 2018 ! Aux États-Unis, le taux d’obésité suit une courbe exponentielle. Et le reste du monde, y compris l’Europe, semble suivre la même tendance. La faute aux viandes rouges ? À l’excès de glucides ? Aux graisses saturées ? Et si les coupables étaient ailleurs ? Au-delà des aspects physiologiques de l’obésité, un examen détaillé de l’histoire alimentaire américaine fournit des éléments de réponse.

Troubles métaboliques profonds

L’obésité et le surpoids sont la manifestation de troubles métaboliques profonds, dont les causes sont certainement multiples, mais encore mal identifiées. Ces troubles métaboliques ne mènent d’ailleurs pas toujours à l’accumulation significative de tissu adipeux. Ils peuvent se manifester de diverses manières. Ainsi, la recherche suggère, par exemple, l’existence d’une dimension métabolique à de nombreuses maladies chroniques en hausse au cours des dernières décennies : diabète, Alzheimer, cancer, maladies cardiovasculaires et même maladies auto-immunes,.

Identifier ces troubles au travers de quelques marqueurs physiologiques est aisé : glycémie à jeun élevée, dyslipidémie (dérégulation des lipides sanguins), insuline basale élevée, hypertension artérielle, épaisseur accrue du tour de taille, stéatose hépatique (foie gras), etc. Il est malheureusement plus compliqué d’identifier les causes sous-jacentes, et surtout de les traiter.

En 2015, 88 % de la population américaine ne remplissait pas les cinq critères de base de santé métabolique. En 2018, seulement 6,8 % des adultes du pays affichaient une santé cardiométabolique optimale. Plus de 93 % d’entre eux présentaient donc une ou plusieurs manifestations de troubles métaboliques. En Europe, nous suivons la même voie, avec un décalage d’une ou deux décennies. Et nous semblons petit à petit combler notre retard.

L’obésité n’est que la partie émergée de l’iceberg


Contenu réservé aux abonnés

Pour accéder à ce contenu et à la totalité de notre contenu en illimité abonnez-vous dès maintenant