Psychothérapeute, auteure de plusieurs best-sellers traduits en 28 langues, Isabelle Filliozat a popularisé le concept de parentalité positive. Chantre de l’empathie et de l’intelligence émotionnelle, elle évoque dans son dernier ouvrage, Partenaires – Jusqu’à ton dernier souffle, un sujet loin de ses thématiques habituelles : l’accompagnement de son mari, Jean-Bernard Fried, décédé d’une tumeur au cerveau en 2018. Interview.
Alternatif Bien-Être : C’est la première fois que vous écrivez sur un sujet aussi éloigné de vos préoccupations habituelles ! Pourquoi avez-vous ressenti le besoin d’écrire sur la fin de vie de votre époux ?
Isabelle Filliozat : Lorsque le médecin a posé un diagnostic de glioblastome (une tumeur au cerveau, N.D.L.R.) sur les symptômes de Jean-Bernard, j’ai ouvert un groupe Facebook privé, réservé à notre entourage familial et amical. Durant près de cinq mois, j’y ai partagé des informations sur l’évolution de sa maladie, mais aussi les bons et les mauvais moments que nous traversions. Après l’enterrement de mon mari, j’ai reçu de nombreux témoignages de proches qui m’ont confié que ce groupe les avait beaucoup aidés et qu’ils avaient appris beaucoup de choses, comme l’importance de parler de la mort quand elle se présente au chevet du malade. Cela a fini par me convaincre d’en faire un livre.
Comment se prépare-t-on à l’inacceptable : perdre son « partenaire » de vie ?
(Silence) Je ne suis pas encore préparée. Jean-Bernard et moi parlions facilement de la mort, mais quand elle se présente… ce n’est pas facile de s’y confronter. Notre solide ancrage spirituel nous a aidés à faire face et nous avons tâché de nous laisser traverser par nos émotions, car elles sont la vie… Mais on ne peut pas se préparer à l’inacceptable.
Quatre ans après le décès de votre époux, estimez-vous avoir fait votre deuil ?
