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Les intolérances alimentaires

Rédigé le 04/09/2025
Dre. Fabienne Burguière


Ventre qui gargouille, crampes intestinales inappropriées, envie soudaine et irrépressible de somnoler, migraines inexpliquées, douleurs articulaires erratiques, prise de poids insidieuse, fatigue chronique : et si nous parlions d’intolérances alimentaires ?

Tout (ou presque) vient du ventre, comme le décréta le père de la médecine il y a quelque 2500 ans. Hippocrate avait raison et notre précieuse santé se tient en équilibre entre les nourritures saines auxquelles nous nous adonnons et le travail de nos émonctoires qui nous débarrassent de toxines. L’intestin est une immense interface entre le monde extérieur et l’intérieur de notre organisme et pas moins de la moitié de nos cellules immunitaires y sont regroupées pour parer à tout danger.

Car manger, c’est prendre le risque d’avaler quelque micro-organisme douteux. Alors notre immunité veille, tapies dans l’ombre de notre muqueuse intestinale des millions de cellules immunitaires passent au crible le moindre intrus pour aussitôt s’en débarrasser, sans vague ni bruit. Mais parfois ce système bien rôdé s’abime et notre immunité confond un microbe indésirable avec un aliment trop souvent rencontré sur sa route : elle secrète alors des anticorps pour détruire celui qu’elle prend pour l’ennemi. Mal lui en prend, car tant que nous consommons de cet aliment, notre immunité entretient une animosité inflammatoire sans fin avec l’intrus. On appelle ce phénomène « intolérance alimentaire ».

L’alchimie digestive

De toutes les fonctions de notre organisme, manger est l’une des plus sages car c’est elle qui nous maintient en vie. La digestion est l’art de transformer les aliments de notre assiette en nutriments pour nos cellules. Notre tube digestif permet l’avancée du bol alimentaire grâce à ses mouvements de reptation qu’on appelle péristaltisme. Les aliments sont broyés, hydrolysés par nos enzymes gastriques puis mélangés aux sels biliaires avant de se retrouver sous forme de chyle (une sorte de bouillon) dans l’intestin grêle.

C’est à ce niveau qu’à lieu l’absorption. Nos cellules doivent absorber les nutriments au sein même d’une muqueuse intestinale qui doit rester imperméable afin d’éviter l’intrusion d’agents néfastes pour notre santé (bactéries, virus, champignons ou parasites). Notre muqueuse intestinale remplit deux rôles antinomiques : le parapluie et la passoire. Impossible ? Pas pour la perfection de notre nature humaine.

Un imperméable perspirant


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