Surpoids et obésité, allergies et intolérances, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers… On sait depuis un certain temps déjà que la malbouffe industrielle – trop grasse, trop sucrée, trop pauvre en nutriments essentiels, pleine de calories vides et d’additifs alimentaires toxico-chimiques – est dangereuse pour la santé. Ce que l’on sait peut-être moins, c’est que cette même nourriture attaque aussi… notre cerveau !
Toutes les recherches menées en complète indépendance par rapport au lobby agro-alimentaire vont dans le même sens. Toutes les études scientifiques menées indépendamment des agences officielles – nationales ou européennes – sont absolument formelles : la malbouffe industrielle telle qu’elle est imposée notamment par la restauration rapide et les grandes surfaces est aussi dangereuse pour la santé physique – ce qui est désormais connu – que pour le cerveau – ce qui est moins divulgué.
Qu’est-ce que la malbouffe ?
Avant d’évoquer les conséquences de la malbouffe sur les santés physique, psychologique et mentale, ainsi que sur le cerveau, il convient d’abord de s’entendre sur la définition du mot, savoir ce qu’il recouvre et déterminer son origine.
Si l’on s’en réfère au célèbre dictionnaire Larousse, la malbouffe se définit tout à la fois par « des produits alimentaires de mauvaise qualité, nuisibles à la santé » et par une « mauvaise alimentation ». Certes, la définition est exacte.
Le seul reproche que l’on peut lui adresser, c’est qu’elle est un peu trop concise. Et que, de ce fait, elle ne reflète pas vraiment la réalité de celle que l’on appelle aussi « junk food », un terme anglais particulièrement explicite. Surtout lorsque l’on se rend compte que le mot « junk » peut aisément être traduit en français par les mots « déchet » ou « came » (dans le sens de « drogue »). Ce qui est déjà beaucoup plus explicite et plus proche de la triste réalité infligée aux consommateurs par les industriels de l’agro-alimentaire.
Bien entendu, ce n’est pas un hasard si le mot malbouffe est apparu en même temps que la société de consommation, et même la consommation de masse dans ce qu’elle peut avoir de plus péjoratif. C’est-à-dire exactement en même temps que l’essor affolant des grandes surfaces qui s’ingénient à tirer la qualité vers le bas et les prix vers le haut. Et au moment même où s’est développée l’industrialisation de l’alimentation, depuis l’agriculture industrielle et chimique (pudiquement appelée conventionnelle) jusqu’aux supermarchés.
Plus précisément, le néologisme malbouffe a été formé dans le courant des années 1970 par Stella et Joël de Rosnay pour désigner une alimentation trop riche, trop raffinée, et dans le but de promouvoir une alimentation saine, proche d’un végétarisme revisité par les sciences nutritionnelles.
Aujourd’hui, de manière globale, le terme malbouffe désigne une nourriture considérée comme mauvaise aussi bien d’un point de vue nutritionnel et vitaminique que sur le plan sanitaire. Quant à la facette gustative, il est même inutile de l’évoquer… Dans l’immense majorité des cas, pour ne pas dire dans la totalité des cas, les produits et les préparations que l’on englobe sous le nom de malbouffe sont ultra-transformés, beaucoup trop riches en mauvaises graisses, en mauvais sucres, en calories vides et en additifs alimentaires toxico-chimiques sans le moindre intérêt réel pour le consommateur final, alors qu’ils présentent une trop faible valeur nutritionnelle et vitaminique, ainsi que des « saveurs » pour le moins douteuses.
